Les coquillages de l’anse de Carteau Sud ne se vendent plus. Le préfet des Bouches-du-Rhône a suspendu, depuis le vendredi 23 octobre, la récolte et la commercialisation des moules et des huîtres de la zone de production 13.06.01, sur la commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône. L’information a été rendue publique le samedi 24 octobre : des coquillages prélevés sur place portaient Escherichia coli. « Compte tenu de la présence avérée d’Escherichia coli », le préfet a décidé de suspendre provisoirement la récolte et la commercialisation des bivalves non fouisseurs, indique le communiqué des services de l’État, cité par Actu.fr.

Ce qui est interdit pour les coquillages depuis le 23 octobre
La mesure vise les coquillages du groupe 3, ceux qui ne s’enfouissent pas dans le sable : les moules et les huîtres. Leur récolte et leur vente sont suspendues dans cette zone de l’anse de Carteau Sud. La pêche à pied de loisir de ces mêmes coquillages est également interdite, précisent les services de l’État.
Le texte va plus loin que la seule production à venir. Tous les coquillages prélevés depuis le 20 octobre 2026 inclus dans la zone doivent être retirés de la commercialisation, les lots déjà vendus rappelés, et l’ensemble détruit. Autrement dit, ce n’est pas seulement la pêche du week-end qui est visée : c’est tout ce qui a pu quitter l’anse de Carteau Sud depuis le début de l’épisode de pluie, le mardi 20 octobre, celui qui a coupé les routes de l’ouest des Bouches-du-Rhône.
Des analyses du 23 octobre sur des coquillages prélevés le 22
La chronologie est resserrée. Les coquillages contrôlés ont été prélevés le 22 octobre, et les résultats du réseau de surveillance microbiologique des zones de production, dit REMI, sont tombés le 23 : ils montrent un dépassement des seuils d’Escherichia coli, selon les relais locaux de l’alerte, dont la mairie des Saintes-Maries-de-la-Mer, qui a repris l’information sur ses pages. La préfecture, elle, ne publie ni la valeur mesurée ni le seuil franchi. Elle s’appuie sur le protocole de surveillance microbiologique, dont les analyses déclenchent, ou lèvent, ce type d’interdiction.
La levée n’est donc pas datée. « Des contrôles seront réalisés dans les prochains jours », indique le communiqué, et les mesures seront levées « dès l’obtention de résultats d’analyse conformes au seuil défini par la réglementation sanitaire ». La réouverture dépendra des prélèvements à venir, pas d’un calendrier.
Une zone de coquillages fermée trois fois en 2026
L’anse de Carteau Sud a déjà connu deux épisodes de ce type cette année. Le 13 février, c’est le norovirus qui avait entraîné la suspension, après des cas humains groupés de gastro-entérite aiguë. La mesure était alors plus large qu’aujourd’hui : elle portait sur le ramassage, le transport, la purification, l’expédition, le stockage, la distribution et la commercialisation des coquillages de la zone, à l’exception des gastéropodes non filtreurs, et interdisait déjà la pêche de loisir ainsi que l’usage d’eau de mer de la zone pour immerger ou stocker des coquillages.
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Le lendemain, le 14 février, RappelConso publiait une fiche de rappel pour des coquillages filtreurs récoltés dans l’anse de Carteau depuis le 17 janvier — huîtres de Camargue, moules et palourdes — au motif d’une contamination par le norovirus.
Le 7 mai, ce sont des phycotoxines, toxines produites par certaines algues, qui avaient conduit à une nouvelle interdiction. Elle ne concernait pas les mêmes coquillages : les bivalves fouisseurs du groupe 2, tellines, palourdes et praires, avec un retrait et un rappel des lots prélevés à partir du 4 mai. La pêche et la vente avaient été de nouveau autorisées le 22 mai, après des prélèvements des 11 et 18 mai déclarés conformes.
Le secteur est l’un des sites de production de coquillages du delta du Rhône, à l’ouest de la ville, entre les dunes et les anciens salins. Il accueille une activité professionnelle de conchyliculture et une pêche à pied de loisir, l’une et l’autre tributaires de la qualité microbiologique de l’eau.
Ce que dit, et ne dit pas, la présence d’Escherichia coli
Escherichia coli désigne un ensemble de bactéries. La plupart des souches sont inoffensives, mais certaines sont pathogènes : elles provoquent des douleurs abdominales et des diarrhées, parfois sanglantes, et peuvent se compliquer en syndrome hémolytique et urémique (SHU), une atteinte rénale sévère qui menace surtout les jeunes enfants et les personnes fragilisées. Un point de méthode compte : la détection d’E. coli dans un prélèvement ne signifie pas qu’une souche pathogène précise a été identifiée. Les seuils réglementaires servent de signal d’alerte, pas de diagnostic.
Reste une consigne qui surprend souvent : pour les coquillages rappelés, la cuisson ne suffit pas à lever le risque, rappelle le ministère de l’Agriculture, qui recommande par ailleurs aux femmes enceintes, aux jeunes enfants, aux personnes âgées et aux personnes immunodéprimées d’éviter les coquillages crus ou peu cuits. Les coquillages filtrent l’eau dans laquelle ils vivent et peuvent y concentrer les contaminants, ce que l’Anses décrit dans ses travaux sur la qualité sanitaire des coquillages.
Ce qu’il faut faire si vous en avez acheté
Si vous avez acheté des coquillages depuis le 20 octobre, renseignez-vous sur leur provenance avant de les consommer. S’ils viennent de l’anse de Carteau Sud, ne les mangez pas : rapportez-les au vendeur, qui doit les reprendre, et gardez votre ticket. En cas de douleurs abdominales, de diarrhée — en particulier sanglante — ou de fièvre après avoir mangé des moules ou des huîtres de ce secteur, consultez un médecin en signalant cette consommation.
Pratique
- Zone concernée : zone de production 13.06.01, anse de Carteau Sud, Port-Saint-Louis-du-Rhône.
- Ce qui est suspendu : récolte et commercialisation des moules et des huîtres ; pêche à pied de loisir de ces coquillages.
- Ce qui est rappelé : tous les coquillages prélevés dans la zone depuis le 20 octobre 2026 inclus, retirés de la vente et détruits.
- Depuis quand : mesures prises le vendredi 23 octobre, annoncées le samedi 24.
- Jusqu’à quand : jusqu’à des analyses conformes ; des contrôles sont annoncés dans les prochains jours.
- En cas de symptômes : médecin traitant, ou 15 en cas d’urgence.
Sources : communiqué de la préfecture des Bouches-du-Rhône du 24 octobre 2026 et page Facebook du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ; Actu.fr, 24 octobre 2026 ; préfecture des Bouches-du-Rhône ; ICI et Maritima, février et mai 2026 ; RappelConso, fiche du 14 février 2026 ; Institut Pasteur et ministère de l’Agriculture.
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