ATMOSud confirme la suppression de dispositifs essentiels à la surveillance environnementale dans une zone en pleine réindustrialisation
L’association ATMOSud a officiellement annoncé la fermeture de 24 stations de mesure permanentes dans l’ouest des Bouches-du-Rhône lors de son dernier comité territorial. Cette décision inquiétante s’explique par une réduction significative des revenus issus de la taxe générale sur les activités polluantes, principalement financée par les industries locales.
Des inquiétudes légitimes face à une réindustrialisation massive
Cette suppression soulève de graves préoccupations, particulièrement dans le territoire Fos-Berre qui connaît actuellement une phase d’intensification industrielle majeure. La zone industrialo-portuaire (ZIP) fait l’objet d’importants projets de développement qui risquent d’affecter directement la qualité de l’air respiré par les habitants.
Les alternatives proposées sont-elles vraiment efficaces ?
ATMOSud suggère deux solutions alternatives pour compenser la perte de ces stations :
- La modélisation numérique
- Le déploiement de micro-capteurs accessibles au public
Ces propositions semblent toutefois insuffisantes pour plusieurs raisons :
- La modélisation numérique ne peut fonctionner efficacement sans données de mesure réelles
- Les micro-capteurs, bien qu’utiles pour sensibiliser la population, n’offrent pas la précision des équipements professionnels qui seront retirés
Un modèle économique qui évolue au détriment de la mission première
L’Association Agréée de Surveillance de la Qualité de l’Air (ASQA) se voit contrainte de faire évoluer son fonctionnement financier. Elle s’oriente désormais vers la commercialisation de son expertise pour répondre à des demandes spécifiques, qu’elles soient privées ou publiques. Cette transformation risque de détourner l’association de sa mission fondamentale : la surveillance indépendante et objective de notre air.
Une question de santé publique à intégrer au débat
La Commission Particulière du Débat Public global Fos Étang de Berre, qui débutera début avril, doit impérativement inclure cette problématique. Une surveillance renforcée de la qualité de l’air autour de la ZIP constitue un prérequis indispensable à tout développement industriel responsable.
Le lien entre environnement et santé étant aujourd’hui scientifiquement établi, l’impact sanitaire représente un enjeu public majeur qui mérite d’être au cœur des discussions. Malheureusement, les documents préparatoires au débat n’accordent pas suffisamment d’importance à cette question cruciale.
L’association Au Fil du Rhône en première ligne
Cette information préoccupante nous a été relayée par l’association Au Fil du Rhône, qui était présente lors du comité territorial d’ATMOSud. Engagée activement dans la défense de l’environnement local, cette association citoyenne suit de près les questions de qualité de l’air et leurs impacts sur la santé des riverains.
L’association Au Fil du Rhône s’engage à faire de cette problématique l’axe principal de sa participation au débat public à venir. Pour suivre leurs actions et vous tenir informés des derniers développements concernant cette situation, vous pouvez consulter leur page Facebook : Au Fil du Rhône.
Face aux enjeux sanitaires et environnementaux majeurs que représente la qualité de l’air dans cette région en pleine transformation industrielle, la mobilisation citoyenne portée par des associations comme Au Fil du Rhône apparaît plus nécessaire que jamais pour garantir une surveillance adéquate de notre air.




