Ils ne viennent pas d’un appel syndical, mais d’une vidéo publiée sur TikTok au début du mois de septembre : ce samedi 17 octobre, une journée de mobilisation nationale contre la hausse des prix des carburants et la vie chère doit se tenir partout en France. Le mouvement a grossi en chemin, rejoint par la contestation lycéenne, plusieurs organisations syndicales dont la CGT et Solidaires, des collectifs de gilets jaunes et des représentants de chauffeurs VTC.

Autour de l’étang de Berre, cette journée aura bien ses points de rendez-vous. Une précaution d’abord : la plupart sont des appels recensés sur les réseaux sociaux ou sur des cartes collaboratives, pas un programme officiel. Le préfet des Bouches-du-Rhône indiquait mercredi n’avoir reçu aucune déclaration de manifestation.
Ce qui est annoncé, commune par commune
- Martigues : un rassemblement est annoncé à 10 h, au niveau du viaduc de l’A55.
- Port-de-Bouc : un rendez-vous est recensé à la même heure, 10 h, avenue Maurice-Thorez. La carte collaborative des appels précise une station-service, au 45 de cette avenue.
- Châteauneuf-les-Martigues : 10 h devant le dépôt pétrolier de La Mède, une action annoncée comme pacifique. Aucun blocage n’est confirmé à cette heure.
- Istres : 7 h au rond-point du Mas-Neuf, et 14 h du côté du centre commercial — l’ancien Auchan. Des lycéens de la ville ont annoncé leur intention de rejoindre Marseille.
- Fos-sur-Mer : 14 h, dans un secteur désigné « N de Port-Saint-Louis » : trop imprécis pour dire s’il s’agit de la zone industrialo-portuaire, d’un rond-point ou d’un point sur la route.
- Vitrolles : 7 h à l’aéroport Marseille Provence, pour une distribution de tracts.
- Marseille : 8 h au rond-point du Prado et dans la zone Actisud, 10 h aux Réformés, en haut de la Canebière, et 14 h entre le Vieux-Port et la Canebière.
La prudence reste donc de mise : un appel publié sur une carte participative peut ne pas se traduire par un rassemblement, et une heure peut changer la veille au soir.
Pourquoi cette date
Le mouvement est né en ligne. Selon une enquête du Parisien rapportée par Radio Camargue, l’un des premiers appels a été lancé début septembre par un internaute se faisant appeler « V2 », dans une vidéo qui dénonçait la hausse des prix des carburants. Huit ans après l’hiver 2018 et ses ronds-points occupés, le gilet jaune redevient un symbole — sans que l’on puisse parler, à ce stade, d’un mouvement aussi structuré.
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La journée doit aussi beaucoup à la contestation lycéenne, en cours depuis la rentrée. Selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale rapportés par Public Sénat, plus de 400 lycées avaient été totalement ou partiellement perturbés le 5 octobre. Et samedi tombe au premier jour des vacances de la Toussaint : des lycéens d’Istres, notamment, ont déjà annoncé qu’ils monteraient à Marseille.
Ce que disent les autorités
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué vendredi matin sur France 2 environ 250 rassemblements, dont 80 cortèges, dans tout le pays. Un chiffre à mettre en regard d’un autre : un peu plus de 40 manifestations seulement avaient, au même moment, été déclarées en préfecture. L’écart dit la part d’appels spontanés dans cette journée.
Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet Jacques Witkowski indiquait mercredi n’avoir reçu aucune déclaration de manifestation, et aucune interdiction n’a été annoncée à Marseille. Maritima rapporte de son côté que les blocages d’axes structurants et d’équipements essentiels « ne seront pas tolérés ». Ce n’est pas un scénario théorique dans le bassin : le 15 septembre, les pêcheurs de Fos-sur-Mer avaient bloqué un dépôt pétrolier avant de lever leur barrage dans la matinée.
Les points sensibles, samedi, seront donc les mêmes que d’habitude : l’A55 et le viaduc de Martigues, la RN568 entre Martigues et Fos, les entrées de la zone industrialo-portuaire de Fos et, côté carburants, les dépôts pétroliers et les stations-service. Si un barrage filtrant s’installe, la circulation peut être ralentie une partie de la matinée.
Nos sources
La Provence a recensé les appels autour de l’étang de Berre ; Actu.fr a listé les rendez-vous des Bouches-du-Rhône ; Radio Camargue a fait le point sur l’origine du mouvement et les chiffres des autorités, Maritima sur le cadre national, et Le Méridional sur l’intention des lycéens d’Istres. Les lieux et les horaires précis viennent, eux, de cartes collaboratives (giletsjaunes2026.org, 17octobregiletjaune.net), où les actions sont déclarées par leurs participants. Le Gabian relaie ces annonces d’intérêt local : aucun de ces rendez-vous n’est confirmé par la préfecture des Bouches-du-Rhône à cette heure. Si la situation évolue samedi, nous mettrons cet article à jour.
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