Depuis plus d’une semaine, les Atsem de Port-de-Bouc sont en grève sur les temps périscolaires. Les agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles dénoncent un manque de personnel qui, selon elles, compromet la sécurité des enfants pendant les repas à la cantine. La mairie, qui invoque un fort absentéisme, a proposé trois renforts ; les grévistes, elles, en réclament cinq.
Un mouvement entamé depuis plus d’une semaine

Le conflit couve depuis la fin du mois de septembre dans les écoles maternelles de la commune. Les Atsem, ces agentes qui accompagnent les tout-petits au quotidien, ont cessé d’assurer une partie de leurs missions sur les temps périscolaires, notamment la surveillance de la cantine. Leur revendication tient en une phrase : obtenir suffisamment d’adultes pour garantir la sécurité des enfants.
Elles détaillent leur réalité de terrain. « Une Atsem peut, à tout moment, devoir accompagner un enfant aux toilettes, changer un enfant qui s’est sali, prendre en charge un enfant blessé ou malade, gérer une situation difficile ou répondre à un besoin particulier », expliquent-elles. Or, « lorsqu’un adulte doit s’occuper individuellement d’un enfant, il n’est plus disponible, pendant ce temps, pour surveiller l’ensemble du groupe ».
« Quatre pour 52 enfants » : un ratio jugé insuffisant
Les chiffres avancés donnent la mesure du malaise. « À l’école des Arcades, on est quatre pour 52 enfants », confie l’une des agentes. Leur demande : un adulte pour neuf enfants au minimum, alors que l’équipe tourne actuellement autour d’un adulte pour douze. Des renforts sont réclamés dans plusieurs établissements de la ville : les écoles des Arcades, Tichadou, Marcel-Pagnol et Louise-Michel.
Au-delà des effectifs, c’est bien la question de la surveillance des repas qui cristallise les inquiétudes. Les Atsem estiment qu’avec les effectifs actuels, impossible de garantir une présence « réellement disponible » auprès des plus jeunes, ceux-là mêmes qui réclament le plus d’attention.
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La mairie propose trois renforts, les grévistes en veulent cinq
Une première rencontre s’est tenue avec le maire, Laurent Belsola (PCF). L’édile a accepté de déployer trois renforts supplémentaires. Mais les Atsem ne comptent pas déposer le mouvement pour autant : la grève se poursuivra tant qu’elles n’auront pas obtenu un renfort de cinq personnes.
De son côté, la municipalité assure avoir organisé plusieurs rencontres pour « maintenir le dialogue social ». Elle met en avant un important taux d’absentéisme, « la recrudescence des arrêts maladie » au sein des effectifs, et la difficulté que rencontre la commune, malgré un recours toujours plus important aux agents vacataires, à remplacer des absences en hausse. La mairie dit avoir déjà fait un premier pas en recrutant trois vacataires comme renforts, mais affirme ne pas pouvoir en proposer davantage.
Elle rappelle enfin le cadre légal du droit de grève : « Le droit de grève ne peut exister que dans le respect des devoirs qui en découlent. L’abstention de remplir une partie des missions ou des tâches confiées par la municipalité ne constitue pas une grève légale. Nous continuons de respecter le cadre légal : les journées non effectuées seront retenues sur salaire. »
Un conflit social dans une commune mobilisée
Ce bras de fer entre les agentes et la mairie s’inscrit dans une actualité locale dense. Ces dernières semaines, Le Gabian a suivi de près la vie de la commune, du démarrage du chantier de contournement Martigues–Port-de-Bouc aux dossiers sociaux qui traversent le golfe de Fos, comme la colère des pêcheurs contre la hausse du carburant.
L’essentiel à retenir
- Les Atsem de Port-de-Bouc sont en grève depuis plus d’une semaine sur les temps périscolaires.
- Elles dénoncent un manque de personnel pour surveiller les enfants à la cantine et réclament un adulte pour neuf enfants, contre un pour douze aujourd’hui.
- Le maire Laurent Belsola a proposé trois renforts ; les grévistes en demandent cinq.
- La mairie invoque l’absentéisme et annonce avoir recruté trois vacataires, sans pouvoir aller au-delà.
À lire aussi sur Le Gabian : la médiation judiciaire obtenue face à RTE sur la ligne THT Fos-Jonquières, un autre dossier qui mobilise le territoire.
Source : article d’Anaïs Bernadine publié le 8 octobre 2026 dans La Provence, « Les Atsem de Port-de-Bouc sont en grève et dénoncent le manque de moyens pour la sécurité des enfants ».
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