Le groupe sidérurgique italien Marcegaglia porte sur l’ancien site d’Ascometal, à Fos-sur-Mer (Port Saint Louis du rhône), un vaste projet industriel baptisé « Mistral ». Objectif : moderniser le site, y installer une aciérie électrique et un laminoir à chaud, et produire à terme de l’acier décarboné à grande échelle.

Première partie — L’essentiel en chiffres
Le projet Mistral vise la modernisation de l’ancienne usine Ascometal de Fos-sur-Mer et l’installation de deux équipements majeurs : une aciérie électrique (four à arc) et un laminoir à chaud. Le site doit produire de l’acier liquide et des bobines laminées à chaud, avec une ambition d’acier « décarboné ».
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Nature du projet | Modernisation de l’ancien site Ascometal + aciérie électrique (four à arc) + laminoir à chaud |
| Produits visés | Acier liquide et bobines laminées à chaud |
| Capacité de production | Jusqu’à 2 à 3 millions de tonnes (acier liquide et bobines) |
| Capacité totale projetée | Environ 2,15 million de tonnes/an |
| Horizon | 2028 (montée en puissance visée dès mi-2028) |
| Financement | Financement interne de l’ordre de 600 millions d’euros |
| Emplois | Création d’environ 700 emplois |
| Concertation | Réunions publiques et consultation locale prévues |
À titre de mise en perspective, la production actuelle du site se situe dans une fourchette nettement inférieure (de l’ordre de 100 000 à 150 000 tonnes), ce qui illustre l’ampleur du changement visé.
Seconde partie — Enjeux et détails
1. Un changement de technologie, pas seulement de volume
Le cœur du projet est le passage à une filière électrique (four à arc), présentée comme la base d’une production d’acier à moindre intensité carbone, associée à un laminoir à chaud pour transformer l’acier liquide en bobines. Il ne s’agit donc pas uniquement d’augmenter les volumes, mais de faire évoluer le procédé industriel du site.
2. Des capacités à plusieurs niveaux
Les sources expriment les capacités de manière variable selon le périmètre considéré : une fourchette de 2 à 3 millions de tonnes pour l’acier liquide et les bobines ; une capacité totale projetée d’environ 2,15 million de tonnes par an à l’horizon 2028 ; et une cible d’environ 2,1 millions de tonnes d’acier décarboné par an à partir de mi-2028, dans le cadre d’une montée en puissance depuis les volumes actuels.
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3. Le financement : un montant qui évolue selon les périmètres
Le projet s’appuie sur un financement interne de l’ordre de 600 millions d’euros. Plusieurs sources récentes évoquent un investissement global plus élevé (jusqu’à environ 1,2 milliard d’euros selon des publications de 2026), incluant notamment un contrat de l’ordre de 450 millions d’euros attribué à l’équipementier Danieli pour l’aciérie et le laminoir. Ces écarts s’expliquent probablement par la différence entre le financement interne annoncé initialement et le coût d’investissement total, revu à la hausse au fil de l’avancement du dossier.
4. Emplois et tissu économique local
Le projet est associé à la création d’environ 700 emplois, en complément du maintien des postes existants. Au-delà des emplois directs, l’enjeu porte sur l’insertion du site dans le tissu industriel local et sur la préservation du savoir-faire sidérurgique du bassin de Fos-sur-Mer, dans un contexte de mutations du secteur de l’acier en Europe.
5. Concertation et dialogue avec le territoire
Le projet prévoit des réunions publiques dans le cadre de la consultation locale. Marcegaglia indique poursuivre ce dialogue via une page de concertation continue et une lettre d’information dédiée. Le dossier a également fait l’objet de travaux d’information et d’audition dans le cadre du débat public et des instances de concertation environnementale régionales (SPPPI PACA).

6. Enjeux environnementaux et industriels
- Émissions de CO₂ : les documents d’information évoquent des volumes d’émissions associés à la réalisation du projet, dont l’ampleur dépend du périmètre retenu (aciérie seule ou ensemble du site) et du mix électrique utilisé.
- Consommation électrique : la filière électrique repose sur une demande importante en électricité, ce qui soulève des questions d’approvisionnement et de coût de l’énergie.
- Insertion territoriale : impacts sur le site industrialo-portuaire de Fos, les infrastructures et les riverains, objets de la concertation en cours.
- Compétitivité de la filière : le projet s’inscrit dans un contexte européen de transformation de la sidérurgie, entre décarbonation, concurrence internationale et soutien public à la transition.
7. Un signal pour la filière
Le projet est parfois présenté comme un signal positif pour la sidérurgie française, notamment parce qu’il impliquerait la construction d’une capacité de production d’acier inédite depuis plusieurs décennies en France. Les réactions des acteurs locaux, y compris syndicaux, soulignent à la fois l’intérêt d’un investissement industriel d’envergure et les attentes en matière de garanties sur l’emploi, l’environnement et la pérennité du site.
Sources
- SPPPI PACA — Mistral de Marcegaglia
- Marcegaglia — site du projet Fos-sur-Mer
- Débat public — fiche et compte rendu d’audition du projet Marcegaglia
- Connaissance des énergies — « Marcegaglia va produire de l’acier décarboné à Fos-sur-Mer »
- La Provence — « Avec 1,2 milliard d’investissement, le projet Mistral séduit »
- Maritima — « Marcegaglia Fos : pour la CGT, le projet Mistral est un signal »
À lire aussi sur le même territoire : notre premier article sur la consultation publique du projet Mistral à Fos-sur-Mer, notre dossier sur la décarbonation de Fos-sur-Mer, et notre article sur l’alerte de l’ONG Respire sur les particules fines.
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