Quatre polluants éternels, les fameux PFAS, ont été détectés dans des œufs prélevés à Fos-sur-Mer. C’est le résultat de la grande enquête menée par ICI (ex-France Bleu) et la Cellule investigation de Radio France, dont les conclusions ont été dévoilées mardi 6 octobre 2026. Aucune des quatre substances retrouvées ne dépasse les seuils réglementaires, mais ce « coup de sonde » relance les interrogations sur la pollution industrielle qui pèse sur le pourtour de l’étang de Berre.

Une enquête nationale sur 91 prélèvements
Après un premier volet consacré à la qualité de l’eau du robinet, les 44 radios locales d’ICI ont cette fois réalisé deux prélèvements d’œufs chacune, entre janvier et juillet 2026, sur l’ensemble de leurs territoires. Au total, 91 échantillons ont été collectés partout en France : pour l’essentiel des œufs de poules élevées en plein air chez des particuliers, parfois dans des zones où la présence de PFAS avait déjà été signalée, mais aussi des œufs achetés au hasard dans le commerce.
Les prélèvements ont ensuite été confiés au laboratoire agréé Labocéa, avec un objectif précis : rechercher les quatre PFAS pour lesquels la documentation toxicologique est la plus fournie — le PFOS, le PFOA, le PFNA et le PFHxS. Verdict : près de 60 % des œufs analysés contiennent des PFAS, et un quart dépassent les normes réglementaires, selon la carte interactive publiée par la rédaction.
Fos-sur-Mer : quatre PFAS sur quatre détectés
L’échantillon prélevé à Fos-sur-Mer le 1er avril 2026, chez un particulier, contient les quatre PFAS recherchés — PFOS, PFOA, PFNA et PFHxS — sur les quatre possibles. Une présence complète, donc, même si aucune des substances ne dépasse les seuils autorisés par la réglementation.
Dans les Bouches-du-Rhône, Fos-sur-Mer n’est pas un cas isolé : deux polluants éternels ont également été détectés dans des œufs à Tarascon, et trois à Saint-Chamas, selon la même enquête.
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Les PFAS, des molécules quasi indestructibles
Derrière l’acronyme PFAS se cachent les substances per- et polyfluoroalkylées, des molécules de synthèse dérivées du plastique, apparues dans les années 1950. On en dénombre aujourd’hui près de 10 000. Elles ont colonisé notre quotidien : emballages alimentaires, poêles antiadhésives, textiles imperméables, produits d’entretien, cosmétiques, peintures, pesticides ou encore mousses anti-incendie. Selon le CNRS, 20 % des médicaments en contiennent.
Leur atout est aussi leur danger : d’une résistance exceptionnelle à la chaleur, à la lumière et à l’eau, ces molécules mettent des dizaines d’années à se dégrader. Elles s’accumulent donc dans les sols, les rivières, l’air, la nourriture… et les organismes vivants. D’où leur surnom de « polluants éternels ».
Quels risques pour la santé ?
Selon l’Agence européenne pour l’environnement, ces perturbateurs endocriniens peuvent favoriser des cancers (reins, testicules), des lésions du foie, des maladies de la thyroïde, l’obésité, le cholestérol ou encore l’infertilité. Ils augmenteraient aussi le risque d’hypertension artérielle, réduiraient la réponse aux vaccins et seraient associés à de faibles poids de naissance.
D’où vient cette contamination ?
L’origine exacte reste difficile à établir. Dans un rapport publié en décembre 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) rappelle que ces polluants sont « omniprésents dans l’environnement, même dans les zones les plus reculées ». Les sources potentielles sont multiples : émissions industrielles, ruissellement lié aux exercices des pompiers, déchetteries municipales ou industrielles, mais aussi stations d’épuration dont les boues, épandues sur les sols agricoles, peuvent relarguer des PFAS.
L’essentiel à retenir
- Quatre PFAS (PFOS, PFOA, PFNA, PFHxS) ont été détectés dans des œufs prélevés à Fos-sur-Mer le 1er avril 2026.
- Aucun des quatre ne dépasse les seuils réglementaires autorisés.
- À l’échelle nationale, près de 60 % des 91 œufs analysés contiennent des PFAS, un quart au-dessus des normes.
- Les PFAS sont des polluants quasi indestructibles, suspectés d’effets sur la santé (cancers, thyroïde, fertilité).
Ce sujet fait écho à d’autres dossiers environnementaux que nous suivons sur le territoire : relisez notre article sur l’alerte de l’ONG Respire sur les particules fines à Fos-sur-Mer, notre dossier sur la décarbonation de la zone industrialo-portuaire et notre article sur le projet Mistral d’acier bas carbone.
Source : enquête « PFAS dans les œufs » menée par ICI et la Cellule investigation de Radio France, publiée le 6 octobre 2026 — l’article sur Fos-sur-Mer et la carte nationale des prélèvements.
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